Dans cet article
La gestion des salaires au brut consiste à enregistrer en comptabilité l’intégralité du salaire, y compris toutes les retenues salariales de l’employé et les cotisations sociales.
Contrairement à la gestion au net, cette méthode offre une vision complète des coûts salariaux et des dettes envers les institutions sociales.
Ce qui est enregistré
Avec la gestion au brut, on enregistre chaque mois :
- le salaire brut
- les retenues de l’employé (AVS, LPP, impôt à la source, etc.)
- les cotisations sociales à charge de l’employeur
- les dettes envers les institutions sociales et d’assurance (si la comptabilité est tenue selon le principe de la comptabilité d’exercice)
- le salaire net versé
Dans la gestion au brut, la comptabilité permet de distinguer clairement :
- la part à charge de l’employé (retenue sur le salaire),
- la part à charge de l’employeur.
Le principe comptable
La gestion au brut suit le principe de la comptabilité d’exercice :
Les coûts salariaux et les dettes correspondantes sont enregistrés dans la période où ils sont générés, indépendamment du moment du paiement.
Différence par rapport à la gestion au net
Contrairement à la gestion au net, qui enregistre uniquement les paiements effectifs, la gestion au brut enregistre toutes les composantes du salaire ainsi que les dettes correspondantes.
Quand utiliser la gestion au brut
La gestion au brut est indiquée lorsque :
- Il est nécessaire d’avoir une comptabilité complète et détaillée
- On souhaite suivre avec précision le coût du personnel
- Il faut enregistrer les dettes envers les institutions sociales et fiscales
- La comptabilité est utilisée à des fins d’analyse et de reporting
Comptes normalement utilisés
La gestion au brut nécessite un plus grand nombre de comptes par rapport à la gestion au net.
Comptes de charges
- 5000 Salaires bruts
- 5700 Cotisations sociales employeur
- 5710 Cotisations caisse d’allocations familiales
- 5720 Cotisations prévoyance professionnelle (LPP)
- 5730 Primes assurance accidents (LAA)
- 5740 Assurance indemnité journalière maladie
Comptes de passif (dettes)
- 2270 Dettes envers assurances sociales (AVS/AI/APG/AC)
- 2272 Dettes caisse de pension (LPP)
- 2273 Dettes assurances accidents
- 2274 Dettes assurance maladie collective
- 2209 Dettes impôt à la source
- 2371 Dettes envers employés
Comptes de paiement
- 1020 Banque
- autres comptes de liquidités
Part à charge de l’employeur dans les cotisations sociales et d’assurance
Dans la gestion des salaires au brut, les comptes relatifs aux cotisations sociales et aux coûts d’assurance permettent d’identifier clairement la part effectivement à charge de l’employeur.
Dans les fiches de compte dédiées (par exemple AVS, LPP, assurance accidents, etc.), sont enregistrés :
- au Débit, les montants totaux dus aux institutions (employeur + employé),
- au Crédit, les retenues à charge de l’employé.
La différence entre ces montants représente la part à charge de l’employeur, c’est-à-dire la part supportée par l’entreprise.
Cette approche permet de :
- distinguer clairement les coûts de l’entreprise des montants retenus aux employés,
- avoir une vision transparente des obligations envers les institutions sociales,
- contrôler précisément l’incidence des coûts du personnel sur le résultat de l’entreprise.
Enregistrement comptable des salaires au brut
À la fin de la période salariale, on enregistre le salaire brut et les retenues correspondantes sur les salaires des employés. Avec l’enregistrement au brut, on comptabilise à la fois le coût salarial ainsi que les retenues et les dettes envers des tiers.
Exemple :
- 5000 Salaires bruts → Débit
- 1181 Allocations familiales → Débit
- 5700 Cotisations AVS/AI/APG/AC → Crédit (part à charge de l’employé, retenue sur le salaire)
- 5720 Cotisations LPP → Crédit (part à charge de l’employé, retenue sur le salaire)
- 5730 Cotisations LAA → Crédit (part à charge de l’employé, retenue sur le salaire)
- 5740 Cotisations maladie → Crédit (part à charge de l’employé, retenue sur le salaire)
- 2209 Dettes impôt à la source → Crédit (entièrement à charge de l’employé). L’impôt à la source, retenu sur le salaire de l’employé, doit être intégralement versé à l’Office de l’impôt à la source et représente une dette pour l’entreprise.
- 2371 Dettes envers employés → Crédit
Paiement du salaire net
Si les salaires ont été enregistrés au moment où ils ont été comptabilisés et que le paiement intervient ultérieurement, l’écriture de paiement s’effectue comme suit :
- 2371 Dettes envers employés → Débit
- 1020 Banque → Crédit

Enregistrement des acomptes AVS et paiement
Mensuellement ou selon une autre périodicité régulière, l’employeur reçoit de l’Office cantonal AVS les factures d’acomptes des cotisations AVS à verser. Ces montants comprennent également les éventuelles allocations versées en avance dans le salaire de l’employé qui y a droit.
La facture d’acompte comprend à la fois la part à charge de l’employeur et celle à charge de l’employé.
Enregistrement de la facture :
Le 03.01.2026, nous enregistrons la facture des acomptes AVS :
- 5700 Cotisations sociales employeur → Débit
- 2270 Dettes envers assurances sociales (AVS/AI/APG/AC) → Crédit
Paiement :
Le 30.01.2026, nous enregistrons le paiement des acomptes AVS :
Les cotisations sont payées selon la facture, dont le montant est net des éventuelles allocations familiales ou autres indemnités.
- 2270 Dettes envers assurances sociales (AVS/AI/APG/AC) → Débit
- 1020 Banque → Crédit
Le compte AVS joue un rôle central de contrôle :
- au Crédit sont enregistrées les retenues salariales des employés
- au Débit, les paiements versés à l’institution.
Le solde du compte représente donc la part à charge de l’employeur.

Dans la fiche du compte des cotisations AVS (voir image), au Débit figurent les acomptes payés, tandis qu’au Crédit figurent les cotisations déduites des salaires des employés. Le solde du compte représente donc la part à charge de l’employeur. Cette présentation permet de vérifier facilement l’exactitude des cotisations et des paiements effectués.

Prime de cotisations LPP et paiement
Lorsque la prime annuelle LPP est reçue, on enregistre le coût total supporté par l’employeur ainsi que la dette envers l’assureur LPP.
Lorsque nous recevons la facture de la prime LPP :
- 5720 Cotisations LPP → Débit
- 2272 Dettes LPP → Crédit
Lorsque nous payons la facture de la prime LPP :
- 2272 Dettes LPP → Débit
- 1020 Banque → Crédit

Prime annuelle assurance accidents (LAA) et paiement
Lorsque la prime annuelle LAA est reçue, on enregistre le coût total supporté par l’employeur ainsi que la dette envers l’assurance accidents.
Lorsque nous recevons la facture de la prime LAA :
- 5730 Primes assurance accidents (LAA) → Débit
- 2273 Dettes assurances accidents → Crédit
Lorsque nous payons la facture de la prime LAA :
- 2273 Dettes assurances accidents → Débit
- 1020 Banque → Crédit

Prime annuelle assurance maladie collective (IGM) et paiement
Lorsque la prime annuelle d’assurance maladie collective est reçue, on enregistre le coût total (comprenant la part de l’employeur et celle de l’employé) ainsi que la dette envers l’assurance maladie.
Lorsque nous recevons la facture de la prime d’assurance maladie :
- 5740 Assurance indemnité journalière maladie → Débit
- 2274 Dettes assurances maladie → Crédit
Lorsque nous payons la facture de la prime d’assurance maladie :
- 2274 Dettes assurances maladie → Débit
- 1020 Banque → Crédit

Paiement de l’impôt à la source
L’impôt à la source, retenu sur les salaires mensuels des employés soumis à l’impôt à la source, doit être déclaré et versé par l’employeur dans les délais prévus. Il est entièrement à charge de l’employé.
- 2209 Dettes impôt à la source → Débit
- 1020 Banque → Crédit

Contrôle et vérification
Il est important de vérifier régulièrement :
- la concordance entre comptabilité et décomptes de salaires
- les soldes des comptes de dettes envers les institutions sociales
- les paiements effectués
Au cours de l’année, les cotisations sociales sont souvent versées sous forme d’acomptes.
Suite aux décomptes définitifs des institutions sociales, d’éventuels ajustements sont enregistrés afin d’adapter les coûts et les dettes aux montants effectivement dus.
Avantages de la gestion au brut
- Vision complète des coûts salariaux
- Plus grande transparence comptable
- Contrôle détaillé des retenues et cotisations
- Représentation correcte des dettes
Limites de la gestion au brut
- Complexité accrue
- Davantage d’écritures comptables
- Nécessite plus de comptes et une gestion rigoureuse
